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International

Écosse 1986 : Dalglish, Souness et Rod Stewart – le Mondial mexicain raconté

Par OnzeActu · · 4 min de lecture

Écosse 1986 : Dalglish, Souness et Rod Stewart – le Mondial mexicain raconté

Le parcours écossais au Mondial 1986 reste marqué par la mort de Jock Stein avant la qualification, la prise en main d'Alex Ferguson, des histoires de fête avec Rod Stewart, l'exclusion d'Alan Hansen, le retrait de Kenny Dalglish et une élimination sur un nul 0-0 contre l'Uruguay malgré l'expulsion rapide de José Batista.

La campagne de l'Écosse au Mondial 1986, disputé au Mexique, a conservé au fil des décennies le goût amer d'une aventure aussi riche en anecdotes qu'en rebondissements dramatiques. Sur une véranda de l'hôtel de la sélection, Graeme Souness échangeait sur des signatures potentielles pour les Rangers ; dans sa chambre, Alex Ferguson pesait des offres d'Arsenal et de Tottenham ; et Kenny Dalglish, le joueur le plus capé du pays, restait éloigné des terrains, impotent. Voilà pour le décor avant le départ pour le Mexique.

Cette édition du Mondial fut déjà singulière avant même que l'équipe n'ait atteint la phase finale : Jock Stein, le sélectionneur, est décédé dans le vestiaire juste après le match nul 1-1 contre le Pays de Galles à Cardiff qui scellait la qualification. Son assistant, Alex Ferguson, prit alors le relais et mena l'Écosse au play-off contre l'Australie — après un 0-0 à Melbourne, Ferguson conduisit la sélection vers une qualification sur le score cumulé de 2-0.

Les coulisses de ce voyage ont alimenté les récits les plus folâtres. Le gardien Alan Rough se souvient d'« un sacré bazar » dans l'avion du retour : une escale dans un club social écossais, l'attaquant David Speedie ivre qui dut être porté pour une interview en direct, et une insolation après un concours de putting. Speedie, dont le comportement posa problème, fut finalement écarté de la liste finale. Autre polémique : Alan Hansen, double champion d'Angleterre avec Liverpool, ne figura pas parmi les 22 retenus — Willie Miller et Alex McLeish furent préférés par Ferguson, décision qui alimenta les commentaires. Quelques jours après, Kenny Dalglish renonça à la compétition pour un problème au genou ; Steve Archibald, alors à Barcelone, prit sa place.

Le stage de préparation se déroula à Santa Fe (Nouveau-Mexique) pour l'acclimatation en altitude, mais l'équipe connut aussi des escales plus… mondaines. Un séjour de deux jours à Los Angeles donna lieu à un match amical face au LA Heat où Eamonn Bannon marqua deux fois. Les récits d'une rencontre avec Rod Stewart abondent : certains joueurs racontent avoir partagé des « mudslingers » avec le chanteur, d'autres évoquent une fête à laquelle Ferguson n'aurait pas voulu voir ses joueurs participer. Alan Rough garde un souvenir précis : une rencontre au restaurant, des verres engloutis et une arrivée en limousine où Charlie Nicholas aurait même été vu sortant la tête par le toit ouvrant pour appeler sa mère sur Sunset Boulevard.

Arrivée tardive en terres mexicaines, l'Écosse s'installa au milieu d'un site du patrimoine aztèque. Les conditions, plus « spartiates » que prévu selon Willie Miller, ne détournèrent pas l'attention du premier match face au Danemark. Les Nordiques, brillants en Europe, firent parler leur efficacité : Preben Elkjaer Larsen inscrivit l'unique but de la rencontre et privèrent l'Écosse d'un meilleur départ.

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La deuxième rencontre opposait les Écossais à l'Allemagne de l'Ouest, finaliste ultime du tournoi. Gordon Strachan donna un avantage précoce à l'Écosse, dans un match disputé sous un soleil de plomb à la mi-journée ; mais les Allemands renversèrent la situation et l'emportèrent 2-1. Les conditions extrêmes et la récupération limitèrent les ressources écossaises, et l'équipe se retrouvait dos au mur avant le dernier match contre l'Uruguay.

Pour cette dernière rencontre, Graeme Souness, alors capitaine, fut laissé sur le banc en raison du climat et de l'altitude — une décision prise après délibération du staff. Le match bascula très vite : José Batista, l'arrière uruguayen, fut expulsé dans la première minute pour une violente agression sur Strachan, réduisant l'Uruguay à dix presque tout le match. L'Écosse domina mais ne parvint pas à convertir sa supériorité ; le 0-0 final signifia l'élimination des Britanniques malgré l'avantage numérique.

La frustration éclata hors du terrain : le président de la Fédération écossaise, Ernie Walker, déclara aux médias internationaux avoir « trouvé sur le terrain des tricheurs et des lâches » et s'être senti « associé à la racaille du football mondial », propos qui faillirent provoquer un incident diplomatique.

Au-delà des polémiques, ce Mondial laisse des images fortes et des anecdotes qui marquèrent les protagonistes : l'équipe menée par Ferguson, des joueurs vedettes disputant des nuits folles à Los Angeles, l'absence controversée d'Alan Hansen, le retrait de Dalglish, l'expulsion éclair de Batista et, enfin, le petit épisode domestique et presque surréaliste d'Alan Rough ramenant chez lui un énorme poste hi-fi qui explosa lors du branchement.

Quarante ans après, la campagne mexicaine reste dans les mémoires comme un mélange d'émotions fortes, de décisions sportives aux conséquences lourdes et d'histoires de vestiaire dignes d'un film.

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